Un graphe de connaissances, knowledge graph, ou réseau sémantique, est un outil numérique constitué d’un ensemble d’informations sous forme d’entités (personnalités, objets, œuvres, événements, lieux, etc.) mises en relation par des liens logiques, contextuels ou historiques. Ainsi, contrairement à une simple base de données composée d’informations en vrac, un graph de connaissance ressemble plutôt à une carte mentale constituée de :
- noeuds (ou sommets) ;
- arêtes (ou arcs) ;
- étiquettes.
Par exemple, on peut avoir en noeuds deux entreprises, en étiquette “Uplix” et “SushiShop” et en arête une relation service-client.
Un knowledge graph détient donc les fonctions suivantes :
- emmagasiner une somme astronomique d’informations ;
- les organiser afin de créer un ensemble cohérent sous-tendu par des correspondances entre chaque noeud ;
- délivrer rapidement ces connaissances encyclopédiques à la demande d’un utilisateur ;
- suggérer à l’utilisateur d’autres pistes de recherche ;
- faciliter des décisions dans certains cas pratiques ;
Uplix vous propose de revenir en détail sur la notion de knowledge graph, son utilité, son fonctionnement, et ses cas pratiques. Dans un second temps, nous nous attarderons sur celui de Google et son impact sur le référencement naturel !
Knowledge Graph : comment ça marche ?
Après avoir rassemblé un nombre conséquent de données issues de sources diverses, le knowledge graph va les organiser de façon sémantiquement pertinente grâce au NLP (Natural Language Process) et à l’apprentissage automatique. À terme, sur le mot “bacon”, par exemple, il saura donc faire la différence entre le lard fumé anglicisé, le peintre britannique et un Chancelier d’Angleterre du XVIe et XVIIe siècle. Le premier sera associé à des valeurs nutritionnelles, le deuxième à une période artistique, et le dernier à des influences philosophiques.
Imaginez le processus reproduit des milliards de fois sur autant d’entités différentes, et vous obtenez une titanesque cartographie encyclopédique consultable via un moteur de recherche.
Nota Bene : les graphes de connaissance peuvent déduire de nouvelles informations à partir des nœuds et des arêtes déjà constituées.
Dans quoi utilise-t-on les graphes de connaissances ?
Les knowledge graphs sont tellement pratiques qu’ils servent à différents types d’utilisateurs. Parmi les graphes de connaissances les plus utilisés, on trouve :
- DBPedia et Wikidata, qui alimentent les données de Wikipedia.org ;
- les graphes dédiés à la stratégie de vente, qui recommandent des produits en fonction du comportement des clients par tendances et groupes démographiques ;
- les graphes dédiés aux loisirs, utilisés par des plateformes telles que Netflix ou les médias sociaux, et qui recommandent des contenus en fonction des clics, des likes, etc.
- les graphes destinés à la lutte contre la criminalité financières, qu’utilisent aujourd’hui les banques pour analyser les flux de capitaux et protéger leur clientèle ;
- les graphes dans le secteur de la santé, qui aident les professionnels de soin à confirmer des diagnostics et à proposer des thérapies adaptées ;
- la génération améliorée par récupération (RAG) qui permet aux modèles d’IA (GPT-4, Copilot, Gemini, etc.) de générer des réponses basées sur des données récentes et pertinentes ;
- le fameux Google Knowledge Graph, qui permet au célèbre moteur de recherche d’enrichir ses pages de résultats avec des fiches pleines d’informations en rapport avec le mot-clé saisi en requête.
Ce dernier existe depuis 2012 ; en voici le portrait détaillé !
Le Knowledge Graph de Google : pourquoi ça existe ?
Vous le voyez, l’encadré qui s’affiche à droite des SERP lorsque vous essayez de vous cultiver un peu grâce à votre moteur de recherches ? C’est le Knowledge Panel, et il a tendance à s’afficher lorsque votre requête correspond au nom d’une personnalité, d’un lieu, d’une œuvre, d’une espèce animale, d’un événement historique, d’un fait scientifique etc.
Ce panneau, qui vous permet de glaner certaines informations en moins d’une minute avec le téléphone lorsqu’une question insoluble se pose dans les repas de famille, c’est le Google Knowledge Graph qui le rend possible. Ce dernier serait composé de plus de 5 milliards d’entités, reliés par plus de 500 milliards d’arêtes.
Ce simple ajout dans une partie minime des SERPs est rendu possible par l’interprétation de l’intention de recherche des utilisateurs. Si la requête est informationnelle (ex : pour savoir en quelle année est né Saint-Exupéry, tapez “saint-ex”), ou navigationnelle (ex : tapez “Uplix” pour trouver notre contact et nos horaires d’ouverture), les algorithmes parviennent à le détecter et à générer un knowledge panel adapté à votre requête. C’est devenu si intuitif que l’on ne s’en rend même plus compte !
Bien sûr, l’ambition de Google est de vous fournir les connaissances dont vous avez réellement besoin,sans que vous ayez à réitérer la phase de requête ou à choisir un site où aller les puiser. Par exemple, si vous tapez “The Beatles” dans la barre de recherche, vous obtenez sa date de naissance, son courant musical, et plein d’autres données.
En outre, le Knowledge Graph propose des images et des liens qui permettent d’approfondir le sujet. L’exemple des Beatles montre que vous avez accès à nombre de ses morceaux grâce aux liens YouTube ou encore Spotify.
Parfois vous obtenez même des suggestions pour désambiguïser le terme de la recherche. En tapant le mot “Drive” en France par exemple (ci-dessus), vous tombez sur le service Cloud de Google, mais le Knowledge Graph vous propose également un autre résultat tout en bas du panneau de connaissances, à savoir le film avec Ryan Gosling…
Comment le Google Knowledge Graph est-il alimenté ?
Si le Knowledge Graph de Google est aussi impressionnant, c’est peut-être parce qu’il appartient à une entreprise qui indexe jour après jour des milliers de sites internet bourrés de contenus divers et variés. La firme ne se prive donc pas pour extraire les données accessibles au grand public.
Néanmoins, le Google Knowledge Graph a été beaucoup critiqué pour avoir relayé des informations obsolètes ou simplement erronées. En effet, l’accumulation des connaissances disponible sur le web ne garantit pas d’éviter les sources véreuses. Il a donc fallu faire attention à solidifier l’origine des informations fournies dans ses Knowledge Panels, en se fiant plutôt à :
- des extraits de Wikipedia, pour les définitions et les résumés ;
- Wikidata : une immense base de données appartenant à Google depuis 2010
- des licences privées obtenues auprès d’autres organismes pour récupérer des informations en temps réel, comme des résultats sportifs ou la météo ;
- CIA World Factbook : pour les informations géographiques et démographiques ;
- Freebase, fermé en 2015, mais partiellement intégré au Knowledge Graph de Google ;
- les sites web utilisant schema.org pour eux-mêmes baliser leurs contenus avec des entités ;
- les données officielles des gouvernements et autres institutions publiques ;
- les contributions directes des utilisateurs.
C’est pourquoi il est possible, en bas des panneaux de connaissance de cliquer sur le lien“Signaler un problème”, puis sur “Modifier le nom ou d’autres infos” (ci-dessus) avant de remplir le formulaire qui vous sera aussitôt soumis.
Knowledge Graph : quel impact en SEO ?
Puisque ces panneaux proposent diverses informations rapides, elles incitent à quitter la recherche après avoir eu satisfaction sans avoir cliqué sur les résultats organiques. Cette stratégie du moteur de recherches, pour plus d’efficacité, n’a-t-il pas des effets néfastes sur votre acquisition de visiteurs ? Comment composer avec cette fonctionnalité du géant de la Mountain View ?
Selon SEMrush, on a effectivement constaté une diminution générale du taux de clic depuis l’apparition du Knowledge Graph (environ 2% entre 2014 et 2016 ; baisse qui s’est poursuivie par la suite).
Un danger à relativiser
En vérité, rares sont les cas où vous vous faites intercepter votre trafic organique. En effet, de deux choses l’une :
- le Knowledge Graph sort sur des mot-clés déjà très concurrentiels et devient le cadet de vos soucis, comparé à la concurrence. Tandis que sur des recherches plus spécifiques, avec des mots-clés de longue traîne, le Knowledge Graph ne s’affiche plus ;
- votre fiche GMB (voir ci-dessus mais également notre article complet sur Google My Business) apparaît lorsque le prospect cherche votre entreprise : il recherche donc d’ores et déjà le contact avec vous et le Knowledge Graph lui propose toutes les solutions disponibles (adresse, numéro de téléphone, URL du site web, etc.) ;Ainsi, la seule question à résoudre est la suivante : apparaissez-vous dans le Knowledge Graph de Google ?
Comment figurer dans le Knowledge Graph ?
Afin d’afficher votre carte de visite directement dans les SERP, il existe plusieurs façon de procéder :
- obtenir un lien depuis le site de Wikipedia, voire faire l’objet d’un article complet, ce qui est un peu le Graal de la notoriété ;
- créer une entrée sur wikidata.org ;
- utiliser Google My Business et la Google Search Console ;
- procéder à un balisage Schema.org, afin d’aider les bots à comprendre l’architecture et le fond de vos contenus, pour mieux les pousser en avant, même sur des requêtes dans lesquelles votre marque n’apparaît pas ;
- être actif sur les canaux digitaux que vous avez choisis, comme les réseaux sociaux (LinkedIn, Facebook ou encore Instagram), ou les plateformes d’avis comme TrustPilot. L’idée est de compléter votre Knowledge Graph avec des avis et autres informations utiles pour les internautes ;
- proposer des contenus réguliers et de bonne qualité.
- avoir une présence digitale cohérente : nom, logo, URL de vos profils bien alignés et mis à jour partout où votre entreprise a de la visibilité.
Pour finir…
Une carte de visite complète directement sur les SERP Google, voilà clairement l’enjeu du Knowledge Graph pour les entreprises, sous forme de la fiche d’établissement Google. Comme on l’a vu, cette fonctionnalité du moteur de recherche est loin de représenter une véritable menace pour votre trafic organique.
Cela étant, mieux vaut vous l’approprier pour fournir à vos prospects toutes les indications qu’ils recherchent sur votre société, comme son siège social, la date de sa fondation ou encore ses prix et autres réalisations.